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Le blog de la CLCV de Paris

Congrès CLCV 2016 : discours de Reine-Claude MADER

18 Novembre 2016, 15:56pm

 

DISCOURS DOUVERTURE 25ÈME CONGRÈS

Vendredi 11 novembre 2016

Reine-Claude MADER

Chers Amis,

Je suis très heureuse de vous accueillir aujourd’hui pour le 25ème Congrès de notre organisation. Comme beaucoup d’entre vous le savent déjà, pour moi ce congrès est un peu particulier puisqu’il s’agit du dernier, après 30 ans de présence au niveau national. Un long parcours, au cours duquel j’ai pu constater l’attachement des militants aux valeurs que porte notre association.

Au cours de cette période, nous avons connu des moments très difficiles. Construire une association telle que la nôtre n’a jamais été simple : je me souviens parfaitement qu’un certain nombre de nos anciens ont mis sur la table leur argent personnel pour passer ces caps et que notre organisation continue de vivre. Je leur en garde une grande reconnaissance.

Heureusement, ce ne sont pas seulement ces moments difficiles qui nous lient mais surtout ce que nous avons initié et réussi à faire ensemble.

Qui se souvient encore aujourd’hui que les associations comme la nôtre, association familiale à ses débuts, ont été à l’origine de la création des services sociaux, des logements sociaux, des coopératives de distribution ? L’économie était une économie de pénurie, les besoins étaient énormes. Tout était à construire et nous avons fait preuve d’imagination. Nous avons été très actifs. Nous avons trop tendance à l’oublier, le mouvement associatif est un laboratoire d’où sortent beaucoup d’idées qui sont reprises par les politiques.

Si nous protestons souvent contre nos conditions de vie, il ne faut pas oublier que la situation de nos ainés était beaucoup plus noire sous bien des aspects. Pour autant, l’histoire se répète et les avancées obtenues doivent être confortées, adaptées pour lutter contre les exclusions économiques, culturelles, en fonction des évolutions sociétales et des nouveaux modes de consommation.

L’industrialisation dont on souligne parfois les méfaits a permis une augmentation indéniable des niveaux de vie. Des mutations énormes en ont découlé. Le modèle social, les modes de vie de la population en ont été bouleversés plus vite qu’ils ne l’ont jamais été dans l’histoire.

Il s’est avéré indispensable de mettre en place de nouvelles règles pour organiser les relations entre les différentes parties et protéger les plus faibles, notamment dans le domaine de la consommation. 2

Ainsi, dès la fin des années 60, de grands textes de base ont été adoptés pour protéger les consommateurs : le démarchage a été encadré, les achats à crédit l’ont été également, l’information des consommateurs est devenue obligatoire, la sécurité des produits a été renforcée, la possibilité d’agir en justice des associations de consommateurs pour défendre l’intérêt collectif leur a été donnée. Nous avons d’ailleurs été l’une des premières associations de consommateurs à être agréée et nous ne nous sommes pas privés de faire usage de ce droit très rapidement.

Parallèlement, les locataires ont été mieux protégés : instauration d’un contrat écrit, définition des obligations du propriétaire et remise d’un logement décent, limitation des hausses de loyer tant en cours de bail qu’à la relocation, définition des charges et réparations locatives, et, bien sûr l’élection par les locataires de leurs représentants au sein des conseils d’administration des bailleurs sociaux. Nous avons également été désignés comme association représentative des locataires au niveau national.

Les copropriétaires n’ont pas été oubliés non plus. Depuis plus de 25 ans, nous oeuvrons à défendre leurs intérêts et à les rendre acteurs de leur propre gestion. L’obligation d’ouvrir un compte bancaire séparé ou la limitation des prestations exceptionnelles ont constitué de grandes avancées. De même, dans le domaine de l’accession à la propriété, nous avons toujours soutenu le Prêt à taux zéro, même si nous n’avons eu de cesse d’alerter les pouvoirs publics sur les risques d’une politique de « tous propriétaires », certains ne pouvant financièrement supporter ces dépenses, au risque d’être ensuite en difficulté.

Les faits précédant le droit, nous n’avons évidemment jamais cessé de plaider pour son amélioration et pour la prise en compte de nos valeurs ce qui nous a conduit à être très actifs sur certains dossiers notamment sur la lutte contre le surendettement qui touchent les plus vulnérables pour aller jusqu’à la suppression des dettes de ceux qui sont le plus en difficulté ou encore pour permettre l’accès aux services essentiels qu’il s’agisse des services bancaires, de l’eau, de l’énergie, du téléphone et d’Internet.

Comme vous le savez, nous sommes une association généraliste et bien d’autres sujets nous ont préoccupés et nous préoccupent toujours, notamment toutes les questions qui tournent autour de l’alimentation, qu’il s’agisse des méthodes de production, de l’information du consommateur, de l’étiquetage, de la sécurité des produits, pour lesquelles nous sommes très engagés depuis le plan local jusqu’au plan européen par nos actions de lobbying et par nos actions de terrain.

N’oublions pas également tout le travail fait au cours de ces années pour améliorer les droits des usagers des transports et des services de santé. C’est grâce à nos actions que les honoraires des médecins sont affichés, que des devis sont remis chez le dentiste, chez l’opticien etc… 3

Plus récemment, après bien des années, nous avons obtenu que les préjudices subis par les consommateurs puissent faire l’objet d’une procédure collective, l’action de groupe. Dans un autre domaine, l’encadrement des loyers, que nous soutenions, a été mis en place. Il s’agit de l’aboutissement de longs combats et même si des améliorations seront à apporter à ces mécanismes, le principe est acté et il s’agit d’une véritable avancée pour les consommateurs et pour les locataires.

Nous avons obtenu d’autres avancées dans bien des domaines et nos demandes ont toujours été motivées par l’amélioration de la transparence, de l’information, une meilleure concurrence ou et pour assurer l’effectivité du droit en prévoyant des sanctions.

Nos actions de lobbying tant au niveau national qu’au plan européen, ont assis de manière indéniable notre légitimité tant auprès des parlementaires, des pouvoirs publics, que des professionnels.

Ce qui doit nous préoccuper maintenant, c’est l’avenir. Comment nous organiser face au tout numérique, aux réseaux sociaux, aux nouveaux modes de vie, de consommation ? Mobiliser, obtenir des résultats sera plus difficile, plus complexe. Il faudra trouver de nouveaux adhérents, de nouveaux contributeurs, de nouveaux modes de financement pour pérenniser notre organisation. Le besoin de réflexion collective, de représentation des intérêts des consommateurs continue à exister, les associations sont appréciées. Il faut tout simplement s’adapter et bien évidemment nous en sommes capables.

Avant d’ouvrir ce Congrès, je tiens à souligner que cela a été un plaisir de défendre les valeurs fondamentales de la CLCV et d’échanger avec ses membres, notamment lors de visites que j’ai effectuées localement, sur beaucoup de sujets, bien au-delà de ceux que je viens d’évoquer. Tous ensembles, nous avons réussi à faire de notre organisation ce qu’elle est aujourd’hui, à savoir une association indépendante, connue et reconnue et nous pouvons en être fiers.

Je souhaite le meilleur à la nouvelle équipe dont je ne doute pas qu’elle saura assurer la continuité de nos actions et faire progresser notre organisation.

Chers amis, je déclare le 25ème Congrès de la CLCV ouvert.

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